SURALIMENTATION COMPULSIVE ET HYPERPHAGIE 2/2

Suite de l’article de définition ici car WordPress m’a dit que mon article était trop long. ^.^

Les étapes d’une crise

Les déclencheurs

Il existe 3 familles de déclencheurs :

  • Ceux en relation avec la nourriture et l’alimentation : penser à de la nourriture, avoir soif, savoir que des aliments sont à portée de main mais interdits (souvent des aliments gras, salés, sucrés qui désobéissent à la règle « pour être en bonne santé, évite de manger des aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés » bien en vogue maintenant)
  • Ceux en rapport avec la ligne et le poids : se préoccuper de sa ligne et de son poids en allant à la balance quotidiennement ou plusieurs fois par jour, se juger sur sa ligne (trop grosse ?) ou son poids (trop élevé ?) ou sa tenue (trop serrée ?) ou vouloir se comparer à ce que la société nous propose comme modèles partout (télé, journaux, affiches, …) et se juger par rapport à cela.
  • Ceux en rapport avec un état d’esprit négatif : Se sentir mal dans sa peau, seule, stressée, anxieuse, en colère, fatiguée

La crise

Il y a une période pendant la crise de relâchement des tensions car on a lutté véritablement en interne pour ne pas en arriver à manger ces aliments. C’est comme un soulagement.
Mais rapidement ce relâchement disparaît car on se rend compte que nous ne pouvons pas nous arrêter de manger… c’est la pleine période de crise, avec une sorte de dédoublement et une lutte qui revient au premier plan entre la tête qui dit stop mais qui ne contrôle plus du tout le corps qui ingurgite de grande quantités de nourriture.
Puis viennent les sentiments négatifs de dévalorisation de soi, de honte et de culpabilité. Il y a même un moment de désespoir après la crise par rapport aux efforts faits depuis la dernière crise, efforts réduits à néant et donnant l’impression de ne pas pouvoir s’en sortir. Ces sentiments sont d’autant plus présents que cette lutte et ce gavage ont des conséquences physiques telles que de la fatigue, un estomac distendu, des maux de tête.

Boulimique ou hyperphage ?

Les similitudes

L’une des grandes similitudes entre les boulimiques et les hyperphages est leur rapport au corps qui est fondamental car nous basons notre estime de nous sur l’image que nous renvoie notre miroir et notre balance.
Cela engendre un mal-être lorsque l’on pense avoir pris du poids ou avoir grossi, qui provoque alors un sentiment de dépression, un repli sur soi et de nouvelles crises.
Au contraire, lorsque l’on pense avoir perdu du poids ou avoir minci (pour ne pas dire « maigri »), cela provoque des sentiments d’euphorie et d’ouverture qui n’empêche pas cependant de replonger dans de nouvelles crises suite à cette « bonne nouvelle ».
Les personnes souffrant de Troubles du comportement alimentaire (TCA) en général, souffrent d’une image déformée de leur corps. Elles se voient plus grosses qu’elles ne le sont et rêvent  d’une taille idéale trop mince. Cela explique pourquoi elles n’arrivent jamais à s’accepter telles qu’elles sont et ont besoin de se reconnecter à la vraie image de leur corps.

Les différences

Si les boulimiques et les hyperphages ont en commun ces crises de suralimentation, leur différence principale est sur la réaction après crise.
Les hyperphages vont se sentir mal et se renfermer d’autant sur leur douleur intérieure tandis que les boulimiques vont tenter de compenser les apports qui sont en contradiction avec la ligne et le poids voulus.
Les modes de compensation peuvent être de plusieurs natures : vomir (la partie la plus médiatisée de la boulimie), suivre un régime, prendre des coupe-faim, des laxatifs ou des diurétiques, faire de l’exercice physique.
Les conséquences physiques diffèrent avec un poids augmentant chez les hyperphages (et les conséquences secondaires d’un surpoids sur le corps) et des conséquences diverses sur les boulimiques en fonction de la méthode de compensation qui se serait imposée comme solution pour la maîtrise du poids et de la ligne.

But de ce blog

Ce blog n’a aucunement vocation à être un blog médical. Je suis moi-même une hyperphage en guérison et je vous propose ici, grâce aux différentes sources que je possède ou que je peux aller chercher, de chercher des pistes pour retrouver une bonne image de soi et se reconnecter à soi pour faire disparaître les crises.
Toutes les méthodes citées ici seront ou auront été au préalable testées pour voir ce que cela peut apporter. Mais, que cela me convienne ou non, je vous en ferais part car nous sommes toutes différentes et ce qui ne me correspond pas peut parfaitement correspondre à une autre personne.
Cela n’empêche en rien un avis médical ! Je suis moi-même passée par les mains de généralistes et psychologues depuis le début de mes crises afin d’essayer de m’en sortir. Il se trouve que leurs méthodes ne m’ont pas vraiment aidée (peut-être n’étais-je pas prête non plus ?). J’ai donc tenté d’autres choses de mon côté : groupes d’écriture (plus simple que les groupes de parole pour moi), sophrologie, relaxation, développement personnel, pensée positive, codépendance, information sur les troubles du comportement alimentaire (forcément).
Tout cela demande du temps, c’est sûr ! De la motivation aussi et c’est un gros défi pour moi de me mettre sur le devant de la scène comme ça. Cependant, je me dis que si cela peut aider des gens à ne plus se sentir seuls, si cela peut aider des gens à s’en sortir, à briser les tabous autour de ces maladies, je suis partante pour apporter ma pierre à l’édifice !

Qui suis-je (rapide)?

Moi, c’est Séverine, hyperphage sans crise depuis le 15/01/2020 (une victoire pour moi !). Pour autant, je ne m’estime pas sortie du pétrin définitivement. Pour moi, je pourrais dire que je suis sortie de cette maladie lorsque je réussirai à subir les assauts de mes émotions sans comportement addictif quel qu’il soit car je sens qu’il me serait facile de retomber dans une addiction émotionnelle à ce jour lorsque je me sens fatiguée, lorsque je suis énervée après les enfants, lorsque je me sens seule alors que j’aimerai que mon homme soit là, lorsque je me prends une réflexion que je sais anodine mais que je ne peux m’empêcher de prendre à cœur ou bien lorsque je n’ai juste pas le moral…

Liste de solutions

Quel type de solutions?

Je parle ici d’une liste de solutions que j’ai testée ou dont j’ai entendu parler en tant que solution pour nous. Cette liste est là pour vous aider dans un premier temps, voir ce que vous avez essayé et ce qu’il est encore possible de tester car il n’y a pas de solution universelle. Sinon nous serions déjà tous guéris et ce serait magnifique. Et cette liste n’a rien d’exhaustif. Si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à me les mettre en commentaire et je les ajouterai à mes recherches à faire pour vous en parler ici.
Partageons ! J’aimerais que ce blog soit porteur d’espoir pour toutes celles qui vivent cela (messieurs, je ne vous exclue en rien de ce processus mais les hommes et les femmes pensent différemment et je ne sais lire actuellement que dans mon expérience féminine. Participez avec nous et sortons nous de là ensemble !).

Les solutions générales

La première solution qui doit exister est d’en parler à son médecin traitant pour qu’un parcours coordonné soit mis en place avec celui-ci, des psychologues, des nutritionnistes ou diététiciens.
Dans les solutions, il y a donc tout le corps médical, dont :

  • Médecin traitant
  • Psychiatres / psychologues / psycho-thérapeutes
  • Nutritionnistes / diététiciens
  • ligne Anorexie-Boulimie Info écoute au 0 810 037 037 (pas le corps médical et non testé mais je me dis qu’ils sont là pour aider officiellement via la HAS (Haute Autorité de la Santé)

Cela n’a pas fonctionné pour moi, j’ai essayé d’en parler à mon médecin traitant (bien avant 2019) et elle n’a pas réagi, j’ai essayé d’en parler avec la psychologue qui m’a suivi pendant un laps de temps pour dépression (en 2009) et elle n’a pas réagi. J’ai parlé de mes inquiétudes à ma diététicienne en 2008 lorsque les premiers symptômes sont apparus et qu’ils m’ont inquiétés et elle m’a dit que ce n’était pas grave.
Il y a eu des périodes plus dures que d’autres et je suis retournée voir des psychologues mais sans que cela ne donne vraiment de résultats pour moi. L’impression de tourner en rond sur des choses du passé qui ne règlent en rien mes conflits actuels.
Mon passé n’est pas rose, comme la plupart d’entre vous, mais je ne peux rien y changer et j’aimerai juste l’accepter et me tourner sur le moment présent pour faire en sorte que ce qui se passe dans le présent arrête de m’affecter plus que cela ne le devrait. Et que mon futur soit plein d’espoir.
Ces solutions médicales n’ont pas marché pour moi mais il faut les essayer car elles permettent à certaines personnes de s’en sortir.

Les solutions plus spécifiques

Les thérapies familiales et les thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) semblent réussir à sortir certaines personnes de leur détresse. Je ne les ai pas testé personnellement, ma famille ne sait même pas que je suis hyperphage, alors, entamer une thérapie familiale est un peu compliqué ! ^.^
Dans les solutions, il y a aussi les médecines alternatives :

  • Sophrologie / méditation
  • Magnétisme
  • Hypno-thérapie
  • Kinésiologues

Encore une fois, il ne faut rien rejeter d’emblée du fait que cela semble « anormal » comme pratique. Comme indiqué en introduction, les notions de « norme » et « normal » dépendent de la vision de chacun, cela dépend uniquement du regard que l’on pose dessus. J’ai essayé les deux premiers personnellement, sans parler de ce que je souhaitais guérir et, malgré ça, ce sont des pratiques qui arrivent à me faire du bien, à me calmer et remettre en place les bons fonctionnements dans mon corps.
Dans les solutions sans médecine, il y a :

  • Développement personnel (important pour moi)
  • Activités créatives
  • Nourriture intuitive
  • Activités sportives (sans excès, avec plaisir)
  • Activités qui vous plaisent et vous nourrissent intellectuellement et émotionnellement.

Ce sont là uniquement des solutions que je teste et qui fonctionnent mais, pareil que pour les médecines alternatives, il faut tester pour savoir ce qui marche pour chacun d’entre nous.
Le développement personnel est la seule solution universelle qui, je le pense réellement, va permettre de s’en sortir durablement car cela peut permettre de reprendre confiance en soi et de redevenir objectifs sur notre corps.

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